Le procès en appel de Marine Le Pen a pris un tournant décisif mardi 3 février 2026, avec des réquisitions du parquet qui pourraient avoir des répercussions majeures sur la carrière politique de la cheffe du Rassemblement National (RN) . Le parquet a demandé quatre ans d'emprisonnement, dont trois avec sursis, et 100 000 euros d'amende, ainsi que cinq ans d'inéligibilité sans exécution provisoire. Cette décision, bien que moins sévère qu'en première instance, pourrait rebattre les cartes à l'approche de l'élection présidentielle.
Le procès en appel de Marine Le Pen, qui se déroule actuellement à Paris, concerne des accusations de détournement de fonds publics liés aux assistants parlementaires du Front National (FN). En première instance, Marine Le Pen avait été condamnée à quatre ans d'emprisonnement dont deux avec sursis, 100 000 euros d'amende et cinq ans d'inéligibilité avec exécution immédiate. Cette fois-ci, le parquet général a requis la condamnation de Marine Le Pen à une peine de cinq ans d'inéligibilité et quatre ans d'emprisonnement, dont trois avec sursis.
L'absence d'exécution provisoire est un point crucial dans ce dossier. Cela signifie que, même si Marine Le Pen est condamnée, elle pourrait continuer à exercer ses fonctions politiques jusqu'à ce que la décision soit définitive. Cette situation pourrait avoir des implications importantes sur la campagne présidentielle à venir, où Marine Le Pen pourrait se présenter comme candidate.
Le procès en appel se concentre également sur d'autres prévenus, dont 13 assistants parlementaires du Front national. Le parquet a requis des peines allant jusqu'à un an de prison ferme pour ces individus, accusés de complicité dans le système de détournement de fonds. Cette affaire, qui a débuté en 2015, a déjà fait l'objet de nombreuses controverses et débats juridiques, mettant en lumière les pratiques de financement des partis politiques en France.
Les avocats de Marine Le Pen ont contesté les accusations, affirmant que les détournements de fonds étaient justifiés par des pratiques courantes au sein du parti. Ils ont également souligné que la décision de ne pas exécuter la peine provisoirement pourrait être interprétée comme une reconnaissance de l'absence de dangerosité immédiate de Marine Le Pen.
Ce procès en appel est suivi de près par les observateurs politiques, qui voient en lui un test pour le système judiciaire français et pour les limites de la responsabilité politique. La décision finale, attendue dans les prochaines semaines, pourrait redéfinir les contours de la campagne présidentielle et avoir des répercussions durables sur le paysage politique français.