Le 20 janvier 2026, l'Assemblée nationale a adopté une proposition de loi visant à lutter contre les formes renouvelées de l'antisémitisme. Portée par la députée des Français de l'étranger, Caroline Yadan, cette loi suscite à la fois soutien et critiques. La proposition de loi, déposée le 19 novembre 2024, est un texte ambitieux qui vise à encadrer et à pénaliser les manifestations modernes de l'antisémitisme.
La loi Yadan, également connue sous le nom de proposition de loi n° 575, est le fruit d'un travail législatif intense. Elle a été co-signée par près de 120 parlementaires, ce qui témoigne d'un soutien transpartisan notable. Cependant, elle a également suscité des débats animés, notamment à gauche, où certains accusent le texte d'amalgamer les Juifs avec l'État d'Israël.
L'une des caractéristiques marquantes de la loi Yadan est son lien direct entre antisionisme et antisémitisme. Dans son exposé des motifs, Caroline Yadan établit une connexion claire entre ces deux phénomènes, soulignant que les critiques de l'État d'Israël peuvent souvent masquer des préjugés antisémites. Ce point de vue est au cœur des critiques adressées à la loi, certains estimant que cette approche pourrait restreindre la liberté d'expression et criminaliser des opinions légitimes.
La loi Yadan a été adoptée de justesse en commission des lois, ce qui reflète les divisions au sein de l'Assemblée nationale. Les députés ont largement réécrit le texte, mais les inquiétudes persistent. Les opposants à la loi craignent que les dispositions proposées ne conduisent à une surveillance accrue des discours critiques envers Israël, ce qui pourrait avoir des implications sur la liberté académique et la liberté d'expression.
Pourtant, les partisans de la loi Yadan y voient un moyen essentiel de lutter contre les nouvelles formes de haine. La loi prévoit des mesures de formation et de sensibilisation dans les établissements d'enseignement, visant à combattre l'antisémitisme, le racisme, les discriminations, les violences et la haine. Ces dispositions sont perçues comme cruciales pour éduquer les jeunes générations et prévenir la propagation de l'antisémitisme.
La loi Yadan est un reflet des défis contemporains de la lutte contre l'antisémitisme. Elle illustre la complexité de la tâche législative dans un contexte où les lignes entre critique légitime et haine raciale peuvent être floues. Alors que la loi progresse vers son adoption finale, elle reste un sujet de vif débat, symbolisant les tensions entre la nécessité de protéger les communautés vulnérables et la préservation des libertés fondamentales.